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La contre-attaque prend enfin forme. Pas moins de 14 mois après son annonce, Salto annonce avoir reçu le feu vert des autorités pour un lancement en 2020. Salto, c’est l’offensive de la télévision française contre Netflix dans le streaming.

Pilotée par TF1, France TV et M6 à travers une nouvelle société commune, la plate-forme sera accessible depuis un ordinateur, un smartphone et sur certains téléviseurs. Tout comme ses concurrents, il sera proposé sur abonnement et « permettra de retrouver tous les meilleurs programmes de télévision (le direct et le rattrapage), mais aussi de découvrir des programmes inédits », indique le communiqué des trois entreprises.

« Je me réjouis du lancement prochain de #Salto qui incarnera une nouvelle ambition pour l’audiovisuel français, répondant aux enjeux de notre secteur, en adressant l’évolution des usages des consommateurs », commente Gilles Pélisson, p-dg du groupe TF1.

Plusieurs formules d’abonnement seront proposées « pour tenir compte des besoins de chacun ». Les prix n’ont pas été officialisés mais on évoque deux formules : 2 à 5 euros par mois et 7 à 8 euros par mois.

Pourquoi un tel délai ? La plate-forme devait recevoir l’aval de l’Autorité de la concurrence qui a donc mené une enquête assez poussée. Et si les sages de la rue de l’Echelle ont bien donné leur bénédiction, celle-ci est associée à des conditions.

Nombreux défis

Les trois partenaires devront ainsi limiter leurs possibilités d’achats de droits de diffusion linéaires et non-linéaires « couplés ». Par ailleurs, la « distribution de chaînes de la TNT en clair et de leurs services et fonctionnalités associés » en exclusivité sur Salto sur ne sera pas possible, ou seulement de manière temporaire. Les promotions autour de la publicité couplée devra être limitée et la plateforme devra payer ses espaces publicitaires au même prix que les autres pour faire sa promotion sur les chaînes partenaires. Salto sera également limité dans sa capacité « d’approvisionnement en contenu exclusifs ».

Outre ces limitations se pose la question de la valeur ajoutée de ce service qui sera donc lancé cinq ans après Netflix. Notamment par rapport aux services actuels totalement gratuits : MYTF1, 6Play et France.tv. Salto « s’articulera de la meilleure manière avec les plateformes gratuites existantes : MYTF1, 6Play et France.tv », indiquent les partenaires.

Quels seront les moyens alloués à Salto ? Les partenaires se seraient engagées à investir au minimum 50 millions d’euros dans le service mais certains observateurs estiment que l’enveloppe ne dépassera pas 18 millions (6 millions par groupes).

Dans les deux cas, cela paraît bien insuffisant pour tenir la dragée haute à la concurrence actuelle en termes de contenus exclusifs (Netflix investi ainsi plusieurs milliards de dollars par an). Car s’il s’agit de dupliquer simplement l’antenne, il y aura peu de chances d’attirer le chaland.

Enfin, se pose la question du management. Il faudra faire cohabiter des cultures d’entreprises bien différentes qui n’ont jamais réussi à s’entendre lors de précédents rapprochements ou projets (on se souviendra de TPS). Bref, Salto débute avec quelques boulets…