Retraites

GERARD JULIEN / AFP

Les préconisations du haut-commissaire à la réforme des retraites sont attendues dans quelques jours. Avant cela, le comité de suivi des retraites lance un dernier avertissement, et préconise de prendre des mesures dès maintenant pour atteindre l’équilibre du régime.

Dans son avis annuel paru ce vendredi, le comité pointe la dégradation des perspectives financières des retraites, avec des soldes négatifs sur la période 2025-2040. Mais la situation n’est pas dramatique. Les objectifs d’équité et de niveau de vie sont respectés, avec quelques ombres au tableau qui pourraient être effacées par une réforme systémique.

Face à « une nette dégradation » des comptes à court terme et un sous-financement persistant pour une période plus ou moins longue, le comité maintient sa recommandation de 2017, quand il avait invité le gouvernement à ramener le système sur une trajectoire d’équilibre, explique-t-il dans son avis.

Ce comité de cinq experts est chargé de vérifier chaque année que le système respecte les trois objectifs assignés par la loi: niveau de vie des retraités, équité entre assurés, pérennité financière. Or, selon le COR, le Conseil d’orientation des retraites, le solde global du système pourrait atteindre « -0,4% du PIB à horizon 2022 », soit un déficit d’environ 10 milliards d’euros à la fin du quinquennat.

Une dégradation liée au ralentissement économique, qui se traduit par une moindre progression de la masse salariale, mais aussi à la fin progressive du relèvement de l’âge légal d’ouverture des droits, passé ces dernières années de 60 à 62 ans.

A moins d’une semaine des annonces du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, pour créer un système universel remplaçant les 42 régimes existants, le comité constate que la situation financière « incite à cumuler mesures de rééquilibrage et remise à plat du système, au risque que les premières ne fragilisent le soutien de la seconde ».

« Travailler plus longtemps » dès 2020?

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement réfléchissait à des moyens d’inciter les Français à « travailler plus longtemps» dès 2020 pour réaliser des économies. Parmi les pistes envisagées: augmentation de la durée de cotisation, décote plus forte pour les départs avant l’âge du taux plein ou encore « âge d’équilibre » au-delà de 62 ans.

Le journal Les Echos affirme que l’exécutif a choisi d’y renoncer « à court terme », misant sur un retour à l’équilibre d’ici à 2025, « date de bascule dans le régime universel par points ».

Pour le comité, « même dans un contexte financier qui aurait été totalement assaini, un changement d’aussi grande ampleur est nécessairement très complexe à mettre en oeuvre ». Sa réussite passera par « la clarté des messages », prévient-il.

Les préconisations du haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, doivent être présentées jeudi prochain.