Gilles Carrez

Gilles Carrez –

Gilles Carrez, député LR du Val-de-Marne et ancien président de la commission des finances, était l’invité de l’émission 12H L’heure H sur BFM Business. Opposé à la privatisation d’Aéroports de Paris, il fait partie des élus de droite qui défendent le référendum d’initiative partagée qui a récemment dépassé les 700.000 soutiens.

« Orly et Roissy, c’est 60% du trafic international. Orly et Roissy, c’est le hub d’Air France. Si on veut mettre en danger notre compagnie nationale, laissons des intérêts privés » contrôler la gestion aéroportuaire, s’inquiète Gilles Carrez. « Dans la gestion d’un aéroport il y a deux choses. Il y a la gestion des boutiques, des commerces, moi je suis d’accord pour qu’on privatise. Mais il y a la relation avec les compagnies aériennes, il y a l’affectation des créneaux aériens, il y a l’affectation des terminaux », or « l’autorité aéroportuaire a un poids décisif sur ce type de sujets ».

Par ailleurs, « nous avons 87 lignes qui sont des lignes intérieures. Le seul aéroport international dans les pays développés qui a été privatisé c’est Heathrow », observe-t-il. « A Heathrow vous n’avez plus que 10 lignes intérieures. Si on veut que dorénavant ni Pau ni Rodez ni même Toulouse ne soit desservi par notre aéroport Paris-Roissy, privatisons-le. L’intérêt pour un groupe privé qui contrôle un aéroport de cette taille c’est de faire atterrir le maximum de gros porteurs avec le plus de voyageurs possibles qui passent le plus de temps et avec le plus de pouvoir d’achat dans les commerces », précise le député LR.

Dépenses de fonctionnement

L’Etat privilégie les « dépenses de fonctionnement » et « ne veut faire aucune économie sur la masse salariale, sur les transferts sociaux. Il finance par la dette des dépenses de fonctionnement. Et au même moment les dépenses d’investissement se réduisent comme peau de chagrin. L’Etat, tel qu’il est géré aujourd’hui plus que jamais, on appelle ça le nouveau monde, a une vision totalement court-termiste. Il ignore les intérêts de long-terme », poursuit Gilles Carrez, pour qui « les grandes infrastructures de transport en situation de monopole » doivent rester sous contrôle public.