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La BCE – Daniel ROLAND / AFP

Les analystes sont formels. Nous assistons aujourd’hui à un virage d’une importance capitale sur le volet des politiques monétaires. C’est avis, c’est celui des analystes de l’agence de notation Fitch Ratings détaillé dans une étude publiée vendredi 16 août.

Dans ce document, l’agence met en exergue le fait que ce qu’elle appelle son « indice de diffusion » – lequel mesure l’évolution des politiques des banques centrales – est passé d’un prisme net vers le resserrement à une tendance de plus en plus claire à l’assouplissement. Un indice, précise Fitch Ratings, tout d’abord influencé par l’évolution du discours de la Fed, qui avait écarté en décembre 2018 la poursuite de la hausse des taux et décidé en juillet dernier de les réduire.

Déjà vu

Le fait est que cette révision monétaire à la baisse a beau se révéler conséquente et s’inscrire dans la durée, elle est loin de faire figure de première. La crise financière de 2008 avait déclenché une réaction coordonnée du même ordre qui conjuguait, à l’époque, baisses de taux, lignes de swaps en dollars entre les Etats-Unis et d’autres pays, ainsi qu’une multitude de mesures exceptionnelles dont l’objectif consistait à préserver la stabilité de l’économie mondiale.

Aussi, la situation macroéconomique actuelle n’a rien de comparable. Les analystes de Fitch Ratings admettent que celle-ci n’est naturellement pas aussi préoccupante qu’il y a onze ans. Donc virage monétaire marquant il y a, mais virage avec précédent (qui plus est, de plus grande envergure) il y a également.

Mais plus rapide

Pour autant, la portée géographique de cette situation monétaire, incluant les Etats-Unis, la zone euro et le Royaume-Uni mais également quantité de pays émergents, atteste du fait que les banques centrales mondiales se révèlent désormais nettement plus interconnectées les unes aux autres. Et pour les analystes de Fitch Ratings, cette interconnection optimisée fait que le mouvement monétaire est d’autant plus rapide et frappant. Preuve en est : ces derniers mois, pas moins de 19 banques centrales (en plus de la Fed) ont décidé de réduire leurs taux.