Benjamin Louvet

Dans l’absolu, si ralentissement du commerce mondial il y a, il y a moins de consommation de pétrole. – Capture BFM Business

Dans quelle mesure la guerre commerciale impacte-t-elle les prix du pétrole ? A cette question, Benjamin Louvet, invité ce mercredi 14 août sur le plateau de Good Morning Business répond que « pour les opérateurs, c’est aujourd’hui la seule chose qui compte ».

Et de poursuivre : « En réalité, nous avions une situation qui s’était à peu près équilibrée. On avait une production pétrolière qui, à cause du développement des pétroles de schiste aux Etats-Unis, ne cessait de progresser. Et donc l’année dernière, l’Opep, avec un certain nombre d’alliés, notamment la Russie, a décidé, pour rééquilibrer le marché, de réduire sa production. Le marché était donc à l’équilibre. Tout se passait bien. On attendait une croissance cette année de l’économie mondiale plutôt soutenue. Et donc une croissance de la demande de pétrole. Parce que pour avoir de la croissance économique, il faut plus de pétrole. Donc on s’attendait à ce que cette situation s’équilibre comme cela ».

Pétrole sous tensions

Sauf que cette stabilité n’est plus d’actualité. « Les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ont un peu dégénéré », pointe le gérant d’OFI AM. « Cela promet, si les tensions n’arrivent pas à se régler, un ralentissement du commerce mondial. Si ralentissement du commerce mondial il y a, il y a moins de consommation de pétrole. En particulier si ce ralentissement est en Chine puisque c’est la Chine qui tire la croissance de la demande de pétrole aujourd’hui. C’est le premier importateur de pétrole ».

1,1 million de barils par jour

Résultat : les prévisions faites en début d’année se révèlent aujourd’hui largement sabotées. « Nous avions établi un scénario sur la base d’une augmentation de la consommation de pétrole dans le monde d’à peu près 1,5 à 1,6 million de barils par jour sur l’année. Aujourd’hui, on n’est plus qu’aux alentours de 1,1 million de barils par jour », relève le spécialiste.

« Et l’Agence Internationale de l’Énergie dans ses dernières prévisions dit que si y a un risque que cette prévision de croissance soit revue, c’est à la baisse et pas à la hausse. Si on a 500 000 barils par jours de consommation en moins, les stocks de pétrole vont augmenter, donc il y a plus d’offres que de demandes et donc le prix du pétrole a plutôt tendance à être sous pression. Mais on a quand même des craintes de voir les prix du pétrole s’emballer ».

Pourquoi ?

A cela, différentes raisons. A commencer, poursuit Benjamin Louvet, par « la situation au Moyen-Orient qui reste compliquée depuis que les Etats-Unis ont décidé de remettre en cause le traité nucléaire qui avait été signé avec l’Iran ».