Les banques centrales ne disposent pas d’une « baguette magique » pour « réparer les dommages » causés à l’économie mondiale par des dirigeants politiques comme Donald Trump, a prévenu mercredi le gouverneur de la Banque de France (BdF), François Villeroy de Galhau.

« Nous n’avons pas de remède miracle. Nous ne pouvons pas tout faire », a expliqué le gouverneur sur la chaîne CNews, rappelant que « l’incertitude » constituait actuellement une « vraie menace pour la croissance mondiale ».

Cette incertitude « a été créée par des dirigeants politiques dont M. Trump. Cela, eux seuls peuvent le résoudre », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas nous (banquiers centraux) qui pouvons réparer les dommages infligés à l’économie mondiale par cette incertitude. »

« Les banques centrales peuvent atténuer les conséquences de cette incertitude protectionniste, (mais) qu’on ne nous demande pas d’avoir une baguette magique pour réparer les conséquences des décisions prises par les dirigeants politiques », a-t-il prévenu.

M. Villeroy de Galhau, dont le nom circule comme candidat à la succession de Mario Draghi à la tête de la BCE, a toutefois admis que la BCE pourrait « faire davantage si le ralentissement actuel devait devenir un vrai coup de frein ».

Le gouverneur a nié, par ailleurs, que les mesures protectionnistes prises par Donald Trump soient à l’origine de la forte croissance que connaissent les Etats-Unis. « C’est une fake news si vous voulez », a-t-il commenté.

« La croissance américaine résiste bien pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le protectionnisme », a-t-il affirmé, attribuant cette performance à « une espèce de relance fiscale ». « On augmente le déficit et la dette et on a baissé les impôts », a-t-il souligné.

« C’est de l’EPO injectée dans l’économie américaine », a affirmé M. Villeroy de Galhau, en allusion au produit interdit par l’agence mondiale antidopage, utilisé par certains sportifs pour améliorer leurs performances.

« L’analyse montre d’ailleurs que la croissance américaine serait plus forte aujourd’hui s’il n’y avait pas l’incertitude protectionniste entretenue par le discours de Donald Trump », a-t-il assuré.

© 2019 AFP