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PASCAL GUYOT / AFP

La décrue est lente, mais elle s’inscrit dans la durée. Dans sa note conjoncturelle publiée ce mercredi 14 août, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) révèle que le taux de chômage a affiché un léger repli au deuxième trimestre pour s’établir à 8,5 % de la population active.

Sur la seule France métropolitaine, le taux de chômage a ainsi diminué de 0,2 point pour se fixer à 8,2 %. Soit 66 000 chômeurs de moins sur le trimestre sur un total de 2,4 millions. Au global sur un an, le taux de chômage tricolore a reculé de 0,6 point. Une décroissance qui s’inscrit dans le temps puisque le taux de chômage est passé sous la barre des 9% depuis le 4e trimestre 2018 et que cette baisse continue a été entamée dès 2015.

« Les réformes du gouvernement portent leurs premiers fruits pour nos concitoyens », s’est félicité la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, dans un communiqué diffusé sur Twitter, citant « les transformations du Code du travail, de l’apprentissage et de la formation professionnelle ».

Sur le volet de l’emploi longue durée (lequel atteint 3,2%), la baisse est estimée à 0,1 point par rapport au premier trimestre 2019, et à -0,4 point sur un an.

En France métropolitaine, par tranche d’âge, le taux de chômage des 15-24 ans a diminué de 0,6 point à 18,6 %, soit un recul de 1,5 point au global sur l’année. Celui des plus de 50 ans a également été révisé de 0,2 point à 6,1 % (soit -0,2 sur un an). Quant aux taux de chômage des 25-49 ans, la diminution a atteint 0,2 point, à 7,5 %.

Pour Emmanuel Lechypre, journaliste éditorialiste au sein de BFM Business, s’il s’agit d’une heureuse nouvelle, il y a toutefois un paradoxe : « La réalité c’est que la croissance française devient plus riche en emplois. Si vous prenez le premier semestre, on a créé autant d’emplois avec 0,2 à 0,3 point de croissance par trimestre qu’on en créait en 2017 avec 0,6 à 0,7 point. Donc on fait les même créations d’emplois avec une croissance deux fois moins rapide ».

Un phénomène qui, selon lui, s’explique d’abord « par le fait qu’il y ait des secteurs qui vont un peu mieux ». C’est le cas de l’industrie par exemple avec 20 000 créations d’emplois sur un an. A cela s’ajoutent, poursuit-il, « toutes les réformes entreprises depuis 10 ans pour essayer de fluidifier le marché du travail ». Rupture conventionnelle, pacte de responsabilité, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), lois El Khomri et Pénicaud… Autant de réformes qui, selon Emmanuel Lechypre, commencent à porter leurs fruits.

Halo de mauvais augure ?

A noter cependant que, ce que l’on appelle : « le halo autour du chômage » – soit ces personnes qui veulent travailler mais qui ne sont pas comptabilisées dans la mesure où elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles dans l’immédiat – a, pour sa part, subi une forte hausse au deuxième trimestre après une importante baisse au premier trimestre. Les personnes en question (au nombre de 1,5 million) ont en effet vu leur nombre croître de 63 000.

Enfin, le taux d’emploi sur la proportion des 15-64 ans qui travaillent demeure quasiment stable au deuxième trimestre à 66 % (− 0,1 point). Il a cependant diminué pour les 15-24 ans à − 0,3 point et augmenté pour les seniors de + 0,2 point.

8,3% d’ici fin 2019

A priori, l’Insee table pour la suite sur une augmentation des créations nettes d’emploi en 2019 (+ 254 000). Laquelle devrait techniquement être plus forte que celle du nombre de nouveaux venus sur le marché du travail. Si bien que le taux de chômage devrait, selon les prévisions de l’institut, plutôt rester orienté à la baisse, pour se fixer à 8,3% d’ici la fin de l’année.

Ce qui, selon l’Insee ferait que le taux de chômage « atteindrait son plus bas niveau depuis fin 2008 ». Le gouvernement s’est donné l’objectif d’un taux à 7% d’ici la fin du quinquennat.