Green bonds

Cette opération constitue pour SNCF réseaux la deuxième émission de cette maturité mais la première au format green bond. – Pixabay

C’est ce qui s’appelle « faire sensation » ! Ce mercredi 14 août, le gestionnaire du réseau ferroviaire français a émis un green bond sans précédent au niveau de sa maturité puisqu’il s’inscrit dans une durée de 100 ans jamais observée ni en France, ni au niveau mondiale.

Dans le détail, les obligations vertes prennent la forme de titres de créance émis sur les marchés financiers par un Etat, une entité publique ou une société privée en vue financer des projets liés à l’environnement. Elles reviennent, pour les investisseurs, à consentir un prêt à un certain taux sur une durée précise et connue dès le départ. Et contrairement aux obligations « traditionnelles », les obligations vertes se distinguent parce que les émetteurs s’engagent à présenter un reporting détaillé des investissements réalisés. L’objectif étant de pouvoir vérifier l’affectation de ceux-ci à des projets qui contribuent à la transition énergétique.

100 millions d’euros à 1,425%

L’autre spécificité de l’émission opérée par SNCF Réseau tient au fait qu’elle a été réalisée pour un montant de 100 millions d’euros avec un coupon qui se révèle, pour couronner le tout, historiquement bas à 1,425% compte tenu de la maturité.

Après une première émission à 100 ans réalisée en 2015, cette opération constitue, pour le gestionnaire du réseau ferroviaire tricolore, la deuxième émission de cette maturité mais la première en format green bond. Le record de l’obligation verte la plus longue jamais émise étant précédemment détenu par Energias de Portugal (EDP) et Energie Baden-Wuerttemberg (EnBW) sur une durée de 60 années.

Selon SNCF Réseau, « cette opération témoigne de la confiance que les investisseurs continuent de porter au groupe SNCF et du fort intérêt suscité par le programme Green Bond de SNCF Réseau lancé en 2016 ». En principe, il est prévu que les fonds levés servent à financer des projets comprenant des investissements liés à la maintenance, l’amélioration et l’optimisation énergétique des voies ferroviaires par exemple, mais également la réalisation de nouvelles voies, ainsi que l’extension de lignes existantes.

Bientôt 200 milliards d’émissions au niveau mondial ?

Selon l’agence de notation Moody’s, les émetteurs ont apporté 66,6 milliards de dollars d’obligations vertes sur le marché mondial au deuxième trimestre 2019, propulsant ainsi les émissions du premier semestre à un niveau record de 117 milliards.

Un essor tel, que les analystes de Moody’s estiment que le marché mondial des obligations vertes pourrait bien dépasser les 200 milliards de dollars d’émissions totales d’ici la fin de l’année.

Quant à la France, elle se hisse tantôt en tant que leader incontesté, tantôt dans le tiercé (gagnant ?) des grands pays émetteurs de green bonds aux côtés de la Chine et des Etats-Unis.

Selon un classement publié en juin dernier par l’organisation à but non lucratif britannique Climate Bonds Initiative, la France avec 15,3 milliards de dollars d’obligations vertes émises depuis le début de l’année (environ 13,4 milliards d’euros) serait même devenue LE premier pays émetteur de green bonds. Au point donc de supplanter les Etats-Unis, leaders l’an passé sur la même période.