Salle de contrôle d’Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris, à La Défense, le 27 avril 2018 (AFP/Archives/ERIC PIERMONT)

La Bourse de Paris poursuivait sa tendance à la baisse lundi en milieu de journée (-0,72%), préoccupée par les chiffres décevants du commerce extérieur chinois qui relancent les craintes concernant la croissance mondiale.

A 14H00 (13H00 GMT), l’indice CAC 40 se repliait de 34,59 points à 4.746,65 points, dans un volume d’échanges de 979,73 millions d’euros. Vendredi, il avait fini en baisse de 0,51%.

La cote parisienne a débuté en net repli et s’y est engluée.

Wall Street s’orientait également vers une ouverture en baisse. Le contrat à terme sur l’indice vedette Dow Jones Industrial Average cédait 0,71%, celui de l’indice élargi S&P perdait 0,73% et celui du Nasdaq, à dominante technologique, reculait de 1,00%.

« Les bourses européennes sont dans le rouge, les investisseurs étant préoccupés par le ralentissement de l’économie chinoise », résume David Madden, analyste chez CMC Markets.

« Les derniers chiffres du commerce extérieur chinois montrent que les importations ont décliné de 7,6% en décembre, soulignant la faible demande. Les exportations ont régressé de 4,4%, ce qui ajoute du poids à l’argument selon lequel la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine nuit à l’économie chinoise », détaille-t-il.

La Chine constitue un baromètre important pour les marchés du fait du poids de son économie dans la dynamique de croissance mondiale.

Pour la deuxième année de suite, l’excédent commercial de la Chine a globalement diminué en 2018, sauf vis-à-vis des États-Unis.

« Le fait que l’excédent commercial de la Chine à l’égard des Etats-Unis ait été en 2018 le plus élevé depuis 2006, ne devrait pas faciliter les discussions avec Washington », souligne de son côté Franklin Pichard, directeur général chez Kiplink Finance.

« Cette instabilité intervient alors que la saison des résultats du quatrième trimestre s’ouvre aux Etats-Unis. Citigroup ouvrira le bal cet après-midi », poursuit-il.

En Europe, les auspices semblaient tout autant défavorables, avec une nouvelle ombre au tableau macroéconomique et une tension accrue liée au Brexit.

La production industrielle dans la zone euro a reculé de 1,7% en novembre par rapport à octobre, un résultat plus mauvais que celui attendu par les analystes.

Sous peine de plonger le Royaume-Uni dans une situation « catastrophique » en cas de rejet, la Première ministre Theresa May va une nouvelle fois défendre lundi auprès des députés britanniques son accord de Brexit dans un plaidoyer à la veille d’un vote décisif annoncé comme perdu d’avance. Le gouvernement britannique va publier lundi une lettre de l’Union européenne contenant des « assurances » sur l’accord de Brexit, a indiqué un porte-parole de la dirigeante.

La France « souhaite un vote favorable » mardi, mais sinon « ce sera à Londres de formuler des demandes et propositions » à l’UE, a indiqué l’Elysée.

– Luxe et matières premières flanchent –

Les valeurs du luxe, secteur sensible à l’économie chinoise, étaient toutes à la peine. Hermes perdait 1,87% à 487,10 euros, LVMH cédait 3,06% à 250,40 euros et Kering régressait de 1,82% à 398,50 euros.

Le secteur de la sidérurgie était également gagné par la morosité, la Chine étant le premier importateur de matières premières. Le titre Vallourec chutait de 3,59% à 1,80 euro et Eramet dévissait de 3,36% à 61,90 euros.

L’action Euronext s’effritait de 0,48% à 51,75 euros après le lancement formel de son offre publique d’achat sur la Bourse d’Oslo, déjà révélée fin décembre, pour 625 millions d’euros.

Le titre Orpea chutait de 7,03% à 86,72 euros après un abaissement de recommandation sur la valeur par Exane BNP Paribas.

Le titre Alstom reculait de 1,45% à 34,69 euros. L’autorité allemande de la concurrence émet à son tour des réserves sur le projet de fusion dans le rail entre l’allemand Siemens et le français Alstom, qui apparait de plus en plus compromis, selon des informations du Financial Times publiées lundi.

L’action BNP Paribas abandonnait 0,24% à 41,27 euros. Le groupe se prépare à abandonner ses activités de négoce pour compte propre, a indiqué lundi à l’AFP une source proche de la banque, confirmant une information publiée vendredi par l’agence Bloomberg.

Le titre Renault avançait de 1,16% à 55,98 euros. Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a assuré lundi qu’il y avait « un pilote dans l’avion » chez Renault avec la gouvernance provisoire mise en place après l’incarcération du PDG Carlos Ghosn, assurant que l’Etat actionnaire jouait « pleinement son rôle ».

  1. Euronext CAC40

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