Agnès Pannier-Runacher

Agnès Pannier-Runacher –

Un boulet fiscal. Les 70 milliards d’euros d’impôts de production qui frappent notamment les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont de plus en plus vivement dénoncés par le secteur. Une étude réalisée par l’Institut Montaigne, le Mouvement des entreprises intermédiaires (Meti) et le cabinet Asterès, et dévoilée par les Echos, préconise ainsi une baisse massive de ces impôts.

Si Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, s’est déjà montré ouvert à une baisse de cette fiscalité, le gouvernement ne la pas inscrite dans le prochain budget, arguant que les baisses de charges sur les bas salaires et la prochaine baisse de l’impôt sur les sociétés étaient suffisantes pour les entreprises.

Mais le gouvernement planche sur la question. Invitée de Good Morning Business, Agnès Pannier-Runacher, la Secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Economie est revenue sur cette problématique qui agite les entreprises industrielles et les ETI. Mieux, elle fixe un cap.

« 70 milliards d’euros d’impôts de production, on veut les baisser. C’est un sujet que j’ai pris personnellement dans le cadre du pacte productif dans le groupe de travail Industrie. On va faire des propositions avec Philippe Varin [président de France Industrie, NDLR]. Il y a des leviers de baisse notamment la C3S, un impôt 100% Etat donc on n’a pas besoin de se mettre d’accord avec les collectivités locales. Il se trouve que c’est l’impôt qui est le plus disruptif pour l’économie. En tout état de cause il faut y aller ».

« On va tracer une trajectoire, faire des propositions au président de la République et au Premier ministre mais ce sujet là est bien identifié et il est très clair qu’il faut être capable de baisser ces impôts de production. L’Etat a des leviers. Je pense qu’on est capable de proposer une trajectoire comme on l’a fait avec l’impôt sur les sociétés. (…) Là on est sur un pacte productif 2025, je pense qu’il faut donner une trajectoire à 2025 et qui ne soit pas 2 milliards d’euros mais qui soit une somme importante. (…). Si c’est pas à deux chiffres, on est pas dans l’épure, on a compris, c’est très clair », conclut la secrétaire d’Etat.