David Baverez

David Baverez –

Nouveau round de négociations entre la Chine et les Etats-Unis, ce jeudi, pour tenter d’avancer enfin vers la résolution du conflit. Pourtant, un accord n’a jamais semblé aussi éloigné, si bien que David Baverez, investisseur à Hong Kong, préfère désormais parler de « paix froide » entre les deux puissances.

« Le véritable enjeu, c’est la guerre technologique » explique-t-il sur BFM Business. « C’est pour cela que l’on rentre dans une nouvelle ère que je qualifierai de paix froide », souligne-t-il faisant évidement référence à la guerre froide du 20ème siècle. « C’est exactement la même chose, la guerre est impossible (…) Les Américains ont essayé de tuer Huawei l’an dernier. Et Huawei pour la tech mondiale, c’est ce que Lehman Brothers était pour la finance mondiale. Si vous tuez Huawei, vous tuez toute la tech mondiale. Donc la guerre est impossible » tranche-t-il.

« De même que cette guerre est impossible, la paix est improbable » poursuit le business angel. « Chacun pense être dans son droit. Les Américains disent: vous n’avez pas le droit de nous voler notre technologie. Et les Chinois disent: vous n’avez pas le droit de nous voler notre développement ». Mais encore une fois, cette guerre est « une manière à court terme de masquer le problème à long terme qui est un problème technologique. »

« Les Chinois adorent monsieur Trump ! »

D’autant plus que le rapport de temporalité n’est plus le même. Les Chinois ne semblent plus vraiment pressés de trouver un accord, à un an des élections américaines, espérant voir émerger un nouveau président américain. « En réalité, les Chinois lui (Donald Trump, ndlr) offrent sa réélection sur un plateau en disant que le premier thème de la campagne, c’est le conflit entre les Etats-Unis et la Chine » juge David Baverez. « Donc vous n’aurez jamais un accord définitif. »

Et Pékin se satisfait finalement bien de ce président américain, croit savoir l’investisseur. « Les Chinois adorent monsieur Trump ! Parce qu’il est Chinois ! Monsieur Trump c’est un ‘ripou’ de l’immobilier, c’est quelqu’un qui déchire tous les contrats et c’est quelqu’un qui dit : si vous voulez faire du business, parlez à mon gendre. Ça, les Chinois, ils connaissent ! » Et sans pour autant être si redoutable : « Monsieur Trump, il aboie énormément mais il ne mord pas beaucoup » conclut David Baverez.