Viacom

Le vieux monde ne veut pas mourir face aux assauts du nouveau. Dans le divertissement, les acteurs traditionnels cherchent ainsi à résister aux assauts des nouveaux seigneurs du streaming que sont Netfix, Amazon, Apple et bientôt Disney.

Les groupes CBS (CBS, Showtime…) et Viacom (Paramount et les chaînes de TV MTV, Comedy Central et Nickelodeon) ont ainsi annoncé leur volonté de fusionner. Le nouvel ensemble a l’ambition de devenir un géant du divertissement avec un poids de 28 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

C’est en fait un retour aux sources. Cette opération reconstitue une entité qui existait jusqu’en 2006, avant que la holding contrôlant les deux groupes, National Amusements, ne décide de les séparer. Après avoir échoué deux fois en quatre ans à se rapprocher, les deux entreprises de médias de la famille Redstone ont finalement réussi à conclure mardi un accord de principe sur leur projet de fusion qui se fera par échange d’actions.

Selon ses termes, les actionnaires actuels de CBS posséderont 61% de la nouvelle entité et ceux de Viacom 39%.

13 milliards de dollars investis dans les contenus

ViacomCBS « occupe des positions de leader aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique latine et en Asie », souligne le communiqué. La nouvelle société possédera notamment le premier groupe de télévision aux Etats-Unis, par diffusion hertzienne ou câblée, ainsi que les studios de cinéma Paramount et la maison d’édition Simon & Schuster.

Il s’agit clairement d’une opération de survie, le temps passé devant la télévision ne faisant que s’effriter tandis que l’âge moyen du téléspectateur ne faisant qu’augmenter. L’audience s’est clairement déplacé vers les acteurs du streaming, et l’arrivée de poids lourds comme Disney va renforcer cette tendance. Même si CBS propose déjà un service en ligne, il est très loin des leaders actuels mais une fois alimenté par les contenus de Paramount, son catalogue pourrait très vite s’étoffer.

Pour Bob Bakish, l’actuel patron de Viacom depuis trois ans, la combinaison des actifs et compétences de CBS et Viacom permet en effet de créer « l’une des rares entreprises aux contenus et à la portée suffisamment vastes et variés pour façonner l’avenir de notre secteur ».

Les deux sociétés mettent notamment en avant le fait que, réunies, elles seront dotées d’une capacité financière encore plus importante pour investir dans de nouveaux contenus et de nouvelles technologies.

En plus de leurs catalogues existants, de plus de 140.000 émissions télévisées et 3.600 films, elles ont ainsi dépensé 13 milliards de dollars en nouveaux contenus au cours des douze derniers mois. C’est plus que Netflix, l’ennemi à abattre.