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Joel Saget- AFP

Bercy se montre (un peu) moins optimiste. Pour bâtir le prochain budget de la France, le gouvernement s’appuie sur une prévision de croissance de 1,3% en 2020, rapporte Bercy, un cran plus bas par rapport au chiffre (1,4%) évoqué dans le dernier document budgétaire envoyé à Bruxelles. Une légère révision à la baisse, que l’entourage du ministre de l’Economie Bruno Le Maire justifie par le ralentissement de l’économie mondiale, et l’impact des tensions commerciales entre la Chine et les Etats Unis.

« On est en ligne avec les précisions des différents organismes nationaux et internationaux (FMI, OCDE, Banque de France) », nous indique-t-on du côté du ministère. Cette croissance serait, néanmoins, légèrement au-dessus de la moyenne des pays de la zone euro, attendue à 1,2% l’année prochaine. En 2020, dans cette conjoncture mondiale dégradée, si l’économie française résistera mieux que ses voisins, c’est parce qu’elle sera tirée entre autres par la consommation des ménages.

Même si les Français ont jusqu’ici surtout épargné, à Bercy on veut croire que le gain de pouvoir d’achat lié aux mesures issues de la crise des gilets jaunes va, dès l’année prochaine, se diffuser dans l’économie. Quant aux entreprises, elles profitent des taux historiquement bas, ce qui permet aux investissements de garder une bonne dynamique.

Le déficit public de la France est, lui, révisé à la hausse, à 2.2% en 2020. Cette légère dégradation s’explique avant tout par les coûts nouveaux des mesures venues répondre à la crise des gilets jaune – en particulier la baisse attendue de l’impôt sur le revenu, soit 5 milliards d’euros, et la revalorisation des petites retraites pour 1,5 milliards d’euros. Mais aussi par la prise en compte d’une croissance moins forte que prévu, et donc de moindres recettes fiscales.

Un endettement qui devrait reculer

Du côté du déficit structurel, hors effet de la conjoncture, celui que regarde principalement la Commission européenne, la stabilité est de mise. Le chiffre reste à 2.2% du PIB… Ce qui pourrait irriter Bruxelles. Mais, à Bercy, on assure ne pas remettre en cause les règles du pacte de stabilité. « Il faut avoir une vision pragmatique, et prendre en compte les réformes que la France met sur les rails », plaide-t-on dans l’entourage de Bruno Le Maire.

Par ailleurs, le budget 2020 prévoit une légère décrue du ratio d’endettement public, à 98.7% du PIB (contre 98.8% en 2019). Le ratio de dépenses publiques reflue de même en 2020, à 53.4% (contre 53.8% en 2019). En volume, cette dépense continue à augmenter, mais à un rythme plus lent que les années précédentes. Sur le quinquennat, elle augmentera en moyenne de 0,4% par an, deux fois moins que sur le quinquennat précédent (2012-2017), et 4 fois moins que sous Nicolas Sarkozy (2008-2012), relève Bercy.

À l’arrivée, la promesse de baisser de 3 points la dépense publique sur le quinquennat sera respectée, assure Bercy. Dernier chiffre qui cadrera le futur budget français: le taux de prélèvement obligatoire s’élèvera, en 2020, à 44%, contre 43,8% en 2019 et 45% en 2018.