Lemoyne

L’incertitude prend de l’ampleur au Royaume-Uni. Les députés ont rejeté à nouveau, dans la nuit de lundi à mardi, la tenue d’élections législatives anticipées voulues par le Premier ministre conservateur Boris Johnson, lors de la dernière séance avant une suspension du Parlement pendant cinq semaines.

Si le Premier ministre a assuré qu’il ne demanderait pas de report du Brexit, une loi a été votée en ce sens par le Parlement. De quoi relancer les spéculations.

Face à cette situation chaotique, la position française ne change pas. Invité de Good Morning Business ce mardi sur BFM Business, Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a été très clair.

« Une extension n’est pas un projet en soi. On a vu, il y a eu une première extension, est-ce que ça a fondamentalement changé les choses? Non. Boris Johnson a dit qu’il avait des idées. Pour l’instant, on attend de les voir. La France n’est pas sur l’idée d’un report. Il faut mettre en place ce qui a été voté », indique-t-il. « Ne pas mettre en place ce qui a été voté n’est pas un service à rendre aux démocraties européennes ».

« Ni les vassaux des Etats-Unis, ni les vassaux de la Chine »

Répétant que la France est « prête » à une sortie sans accord et « à toutes les éventualités », le secrétaire d’Etat souligne que rien « ne peut se faire sans la France ». Un report du Brexit doit en effet être adopté à l’unanimité par les pays membres de l’Union européenne.

Jean-Baptiste Lemoyne est également revenu sur la position de la France en Europe et dans la prochaine Commission. « La France est moteur au sein de l’Union européenne dans ce nouveau mandat qui s’ouvre. Car regardez l’état de nos voisins au niveau politique. Le gouvernement espagnol n’a pas été investi, l’Allemagne est en fin de cycle politique, l’Italie, vous avez vu les renversements d’alliance. Tout ça fait que, au sein de l’Union européenne, la France est en capacité d’être à l’initiative ».

Avec un objectif, réaffirmer la souveraineté européenne. « C’est une exigence si on ne veut être ni les vassaux des Etats-Unis, ni les vassaux de la Chine. Il faut qu’en matière numérique, en matière commerciale, en matière de défense, on affirme une autonomie européenne ».