Allemagne

John MACDOUGALL / AFP

La forte exposition de l’Allemagne aux guerres commerciales angoisse profondément le moral des investisseurs. Le très suivi indice de l’institut ZEW qui évalue leur perception de l’activité actuelle et future du pays est ainsi tombé en août à son niveau le plus bas depuis sept ans et demi.

Il ressort en effet à -44,1 après -24,5 en juillet, alors que les économistes et analystes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de -28,5. Le sous-indice mesurant le jugement des investisseurs interrogés sur la situation actuelle a reculé à -13,5 après -1,1.

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« La nouvelle escalade dans le différend commercial entre les États-Unis et Chine, le risque associé de la course à la dévaluation des monnaies et la probabilité en hausse d’un Brexit frappent une croissance économique (allemande) déjà affaiblie », a commenté Achim Wambach, président du ZEW, cité dans un communiqué.

Dans ce contexte, « les exportations allemandes et la production industrielle devraient continuer à se détériorer », ajoute-t-il.

Vers une récession technique

Rappelons que la production industrielle allemande a reculé de 1,5% en juin, davantage qu’attendu, sur fond de tensions commerciales et d’incertitudes dans l’automobile. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, la production industrielle allemande a reculé de 1,8%, un mouvement qui a touché notamment la production de métaux et d’équipements industriels ainsi que l’automobile.

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Le PIB de la première économie européenne devrait avoir au mieux stagné, si ce n’est reculé au deuxième trimestre de l’année (contre +0,4% au premier trimestre). Les économistes sont également pessimistes pour le troisième trimestre en cours, signifiant que l’Allemagne pourrait se retrouver dans une récession technique, en affichant deux trimestres d’affilée en recul (voir vidéo en bas d’article). Le gouvernement allemand en reste pour l’heure à une hausse du produit intérieur brut de 0,5% en 2019, selon sa prévision datant d’avril avant un rebond à 1,5% en 2020.

La dégradation du moral des investisseurs s’étend d’ailleurs à toute la zone euro avec une chute de 23,3 points pour atterrir à -43,6 points, tiré vers le bas par l’Italie, tandis que le Royaume-Uni dégringole aussi.